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Ce que peuple veut : les Nouvelles Utopies françaises

Comment dépasser le malaise latent au sein

des sociétés occidentales ? Sur quels imaginaires, quelles perspectives utopiques s’appuyer ?

Tel est l’objet de l’étude menée par l’Obsoco (L'observatoire société et consommation), via son Observatoire des Perspectives utopiques,

auprès d’un échantillon de 2 000 Français

et publiée en octobre 2019. Détails.


Une vision pessimiste
Premier enseignement de l’étude, le pessimisme des Français n’est pas une vue de l’esprit : 53% des personnes interrogées estiment que la vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants sera pire que celle de leur génération (en termes d’épanouissement, de « bien vivre », de bonheur…), 38% pensent qu’elle sera globalement similaire et 9% qu’elle sera meilleure.

Un système politique peu enthousiasmant
Bien peu d’entre eux comptent sur le personnel politique pour les amener vers des lendemains qui chantent : seuls 17 % considèrent comme un système politique idéal, celui « où les décisions sont prises par des professionnels de la politique élus ». Pour 52 %, le mieux serait « un système où les décisions sont prises à l’issue de référendums recueillant la volonté de la population ». Deux autres formules fédèrent un tiers des répondants : « un système politique où les décisions sont prises par des experts neutres (scientifiques, intellectuels, experts...) » pour 37% et « un système politique où les décisions sont prises par des élus qui ne sont pas des professionnels de la politique » pour 34%. A noter : 66% seraient disposés à s’investir dans la vie publique de leur quartier, 63 % dans celle de leur commune (voir tableau ci-dessous).

Un modèle économique dépassé
L’Observatoire révèle aussi un rejet massif de l’organisation actuelle de la vie économique autour du salariat, avec une prépondérance des grandes entreprises et un tissu de petites et moyennes entreprises : seuls 15 % des répondants désirent la conserver quand 33% préconisent une vie économique « organisée autour d’entreprises dont les stratégies seraient définies conjointement par les actionnaires, les salariés, les pouvoirs publics, les représentants des consommateurs... » et 20% « une organisation autour de coopératives et d’entreprises autogérées ». Le revenu universel séduit 45 % des personnes interrogées.

Quelles utopies ?
Entre trois utopies – écologique, techno/libérale et sécuritaire  –, c’est finalement la première qui fait le plus rêver : 54,6 % contre 15,9 pour la seconde et 29,5 pour la dernière, avec un penchant marqué pour la reconnaissance des droits individuels. Pour plus de la moitié des Français interrogés « les sociétés occidentales ont atteint les limites du développement économique, de l’amélioration du confort, de la qualité de vie » et 76 % se disent d’accord avec l’idée que « le moment est venu de donner la priorité à la promotion de modes de vie moins portés sur la consommation et moins consommateurs de ressources non renouvelables »

D’autres valeurs en tête
L’épanouissement personnel et la réalisation de soi est ce qui résume le mieux une vie réussie pour une majorité de Français interrogés : pour 73% d’entre eux, « La loi doit reconnaître le droit à chaque individu de vivre et d’exprimer sa différence, quelle qu’elle soit (tant qu’elle ne menace pas la société) » Parmi les ingrédients d’un monde idéal, ils citent le respect de la nature », en tête avec 46%, « la solidarité entre les hommes » (34%) , « l’égalité » (34%), devant la liberté (24%) le respect de la tradition (17%), la spiritualité (7%) ou encore la foi dans le progrès (5%). Ce qu’ils voudraient transmettre à leur descendance ? Le respect des règles morales (31%), le respect de la nature (27%), le goût du savoir et de la connaissance (25%), la solidarité avec les autres ou encore le goût de l’effort (20%).

N.G.

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