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Déserts médicaux : quid des dermatologues ?

 

Alors que les maladies de la peau

ne cessent d’augmenter, le nombre

des dermatologues diminue, allongeant sans cesse les délais nécessaires

pour obtenir un rendez-vous.

Via une carte interactive, le Guide Santé dresse un état des lieux.


Quels délais pour un rendez-vous chez le dermatologue ? Pas moins de 95 en moyenne en France, 128 à Lyon : c’est le constat fait par le Guide Santé et illustré par une carte interactive. « Le manque d’accès aux soins peut avoir de grandes conséquences sur les patients, notamment en dermatologie pour des maladies comme le mélanome ou les carcinomes », constate le Groupe, dédié aux établissements de santé en France (annuaire, témoignage et avis patients, données pratiques). « Alors que les maladies de la peau ne cessent d’augmenter – 16 millions de Français de plus de 15 ans sont concernés –, le nombre de dermatologues par région diminue », déplore le Dr Jean-Pascal Delbano, co-fondateur du Guide Santé.

 

 

Tous les départements français ne sont pas égaux, les territoires ruraux moins que les autres : avec moins de cinq dermatologues pour 100 000 habitants, l’Ariège, le Cher, la Creuse, les Hautes-Alpes, la Haute Corse, la Haute-Loire, la  Meuse ou encore l’Indre sont les moins bien lotis.  Dans ces départements, ces spécialistes n’acceptent même plus de nouveaux patients. A l’inverse, le Val-D’oise, les Hauts-de-Seine, Paris, la Seine Saint-Denis, le Val de Marne, la Seine-et-Marne et l’Essonne – tous situés à proximité de la capitale – font partie des départements les mieux placés, avec moins de 90  jours d’attente pour un rendez-vous. Paris, la ville la plus favorisée, compte 72 dermatologues acceptant de nouveaux patients, sur un total de 374 dermatologues, ce qui lui permet d’afficher des délais raisonnables de 61 jours en moyenne.  

 

 

Quelles solutions pour désengorger les salles d’attente ? D’abord, inciter les patients à consulter davantage leur médecin généraliste pour un problème de peau, suggère le Guide Santé. Celui-ci est capable de traiter 80% des maladies de la peau et de réaliser la plupart des consultations de dépistage. Ensuite, apprendre aux patients à s’auto-surveiller, avec des règles simples, et développer la téléconsultation. Enfin, développer des consultations thématiques et réserver des plages horaires pour certaines pathologies chez les dermatologues.

N.G.

 

Pour aller plus loin sur les déserts médicaux


La définition : on parle de désert médical quand le nombre de médecins est inférieur de 30 à 60 % à la moyenne nationale.

En France, 3,2 millions de personnes sont concernées dans 192 territoires. (http://www.desertsmedicaux.fr/que-sont-les-deserts-medicaux/)

 

La carte du JDD >


Le rapport « Ruralités : une ambition à partager », remis, le 26 juillet 2019 à Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, consacre un chapitre à la santé.
"La question de l’accès aux soins est devenue, sans aucun doute, la préoccupation numéro un des habitants des territoires ruraux, tant la situation en matière de démographie médicale s’est dégradée ces dernières années et tant cette dégradation cristallise le sentiment d’abandon qui se développe dans ces espaces", souligne-t-il, préconisant  la signature d'un accord national de responsabilité collective avec l’ensemble des acteurs.

Contenu de cet accord :

- pérennisation et développement de dispositifs existants comme les communautés professionnelles et territoriales de santé, contrats d’engagement de service public, praticiens territoriaux de médecine générale;

- aides à l’installation, exonérations fiscales ou maintien des structures hospitalières de proximité ; 
- appui à la création de maisons de santé pluridisciplinaires et contrats locaux de santé ; 

- obligation pour les internes de réaliser des stages en milieu rural.

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200 propositions pour un agenda rural
rapport_mission-ruralite_juillet-2019.pd
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